La normalisation européenne de l’étiquetage des fruits et légumes comme facilitateur de la transition agro-écologique

Flatté par différents étiquetages savamment étudiés par de nombreux spécialistes en marketing, innovant quant à leur faculté à charmer l’œil du consommateur, le fruit et légume de consommation, en Europe, est avant tout beau mais surtout bardé d’allégations commerciales avant d’être sain et respectueux de l’environnement. Réside là toute la complexité de résoudre l’équation agro-écologique qui nous permettra de maintenir : dans un premier temps, un environnement et une biodiversité nécessaire et dans un second, nourrir la population européenne avec des aliments sains, bons et équitables.

Des allégations qui évoquent un produit plus naturel que jamais, respectueux d’un environnement, respectant les abeilles, garanti « sans pesticides de la fleur à l’assiette », ou encore garantissant une absence de résidus de pesticides, l’ensemble toujours fondé sur un visuel très attractif, les industriels recherchent aujourd’hui à vendre plus blanc que blanc. Outre le fait que la majorité de ces promesses soient scientifiquement et techniquement difficile à atteindre, elles sont également difficilement compréhensibles et vérifiables par un non spécialiste ou soumises à conditions , ces mentions créent une confusion chez le consommateur, en introduisant de nouveaux points de repère commerciaux, et l’obligeant à devenir lui-même un spécialiste. En effet, que cela soit l’accès aux cahiers des charges spécifiques ou encore la compréhension des seuils de détection en résidus de pesticide ainsi que la liste des matières actives recherchées et leurs métabolites, aujourd’hui le consommateur ne détient pas les compétences, outils et méthodes nécessaires pour prouver de manière inconditionnelle ces allégations et il doit alors se baser uniquement sur le repère marketing pour orienter son choix.

Notons également que ces allégations sont souvent certifiées par des organismes privés ; provenant d’une démarche volontaire - et généralement payante - du producteur, de la coopérative ou du metteur en marché. C’est donc une opération d’autopromotion pour l’industriel ayant pour effet secondaire de rendre le marché illisible et de saturer de logos les rayons de supermarchés avec pour principal objectif d’attirer le consommateur vers leur produit.