‍Le regard des Français, Italiens et Allemands sur la fierté d'appartenance à leur pays - Sondage EuropaNova - Ifop - JDD

Le regard des Français, Italiens et Allemands sur la fierté d'appartenance à leur pays

Ifop pour EuropaNova et Le Journal du Dimanche en partenariat avec Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung et Corriere della Sera

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Le regard des Français, Italiens et Allemands sur la construction européenne

Principaux enseignements de l’étude

A l’heure où la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union Européenne, EuropaNova a souhaité commander la réalisation d’une enquête d’opinion à l’IFOP afin d’objectiver les opinions et ressentis des Français, Italiens et Allemands sur la construction européenne. En voici les principaux enseignements :

1. Le point de vue de Guillaume Klossa et Denis Simonneau (EuropaNova)

  • À la veille du début de la PFUE, l’étude EuropaNova-Ifop met en évidence une triple exception française en matière européenne notamment par rapport à l’Allemagne et l’Italie, deux pays en mesure d’exercer un leadership politique européen.

  • Première exception, en Allemagne comme en Italie, fiertés nationales et européennes vont de pair avec un niveau de fierté européenne très élevée rassemblant trois citoyens sur quatre de toutes les générations. En France, si la fierté européenne mobilise deux français sur trois, La corrélation n’est pas évidente. Certaines populations comme les jeunes ou les professions indépendantes éprouvent un faible sentiment voire une absence de sentiment de fierté européenne.

  • Deuxième exception, contre-intuitive, le niveau de fierté européenne des jeunes français comme leur désir d’une intégration européenne renforcée est faible. À contrario, les jeunes Italiens comme les jeunes Allemands témoignent d’un niveau de fierté européenne et d’intégration plus élevée.

  • Troisième exception française frappante, en Italie comme en Allemagne, les sympathisants des partis politiques depuis la gauche extrême jusqu’à la droite modérée cumulent des niveaux élevés et homogènes en matière de fierté européenne et d’intégration plus poussée. En France, les sympathisants sont beaucoup plus fragmentés, la gauche de la gauche, qui était pour plus d’intégration européenne lors du référendum de 2005, est désormais en faveur de souverainetés nationales renforcées tandis que la droite modérée est partagée contrairement aux situations italiennes et allemandes.

Comment expliquer ces exceptions françaises ?

  • Un système présidentiel qui polarise l’opinion. Si le Président s’affiche comme pro-européen, les oppositions auront tendance à s’opposer à l’Europe de manière générale. En Italie, comme en Allemagne, la moindre personnalisation du pouvoir et la culture de coalition sont favorables à un portage politique positif des enjeux européens par l’ensemble des partis de gouvernement.

  • La forte focalisation du débat public français sur le sujet migratoire associé à l’Europe contribue également à diviser l’opinion. Cette focalisation est paradoxale en France, dans la mesure où elle n’a lieu ni en Allemagne, ni en Italie, deux pays qui ont fait face à une pression migratoire beaucoup plus élevée que celle qui s’exerce sur la France.

  • Le discours sur l’Europe depuis le « non » français de 2005 au projet de constitution pour l’Europe peut également expliquer ces exceptions, y compris celui des pro-européens. Ces derniers expliquent de manière continue qu’il faut refonder l’Union donnant le sentiment d’un échec national à influencer la construction européenne.

Quelles conséquences politiques au moment de la PFUE ?

  • Les Français sont à contre-courant des citoyens des deux autres principales puissances de l’Union, ce qui est de nature à réduire leur capacité d’entraînement politique au sein de l’Union européenne.

  • Menée dans un cadre trans-partisan, la PFUE de 2008 avait permis d’entamer un travail de réconciliation des Français avec l’Union européenne, qui avait contribué à retourner une partie importante de la population en faveur de l’Europe. La concomitance des élections présidentielles et de la PFUE de 2022 va plutôt dans le sens d’une polarisation accrue.