« Les Européens ne sont pas prêts à sortir ensemble et tout seuls pour faire la guerre. » Entretien avec Jean-Louis Bourlanges

15/4/2021

En qualifiant sa Commission de « géopolitique », au moment de sa prise de fonctions, la Présidente Ursula von der Leyen entendait trois choses. Premièrement, prendre acte pour l’UE d’un environnement stratégique de plus en plus instable, voire hostile. Deuxièmement, se doter des moyens d’y répondre, en poursuivant le travail initié par son prédécesseur J-C Juncker autour des questions de défense. Troisièmement, doter l’UE d’une capacité de réponse politique et non plus seulement réglementaire aux défis planétaires qu’elle doit affronter. En soulignant les insuffisances européennes et les dépendances de ses Etats-membres sur des sujets inattendus comme la santé publique, la pandémie globale du COVID19 est venue mettre cette volonté à l’épreuve.

C’est dans ce contexte de crises que le concept « d’autonomie stratégique »,  de marginal dans le débat public européen est devenu central. Progressivement, il prend forme, par petite touches, comme l’annonce le 22 février par la Commission européenne de la création d’un « observatoire européen pour les technologies critiques », ou les initiatives du commissaire à l’industrie et au marché intérieur, Thierry Breton, sur la définition d’écosystèmes industriels. De l’industrie de la défense aux enjeux du green deal, de la santé à l’action diplomatique, l’autonomie stratégique est devenue le concept pivot pour expliquer les initiatives de la Commission européenne.

Retrouvez notre entretien avec Jean-Louis Bourlanges, Président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée Nationale.