Pour une Europe diplomatique au Moyen-Orient – Eclaircissements permis par l’étude du cas égyptien

À bien des égards, 2020 fait figure d’annus horribilis et les relations internationales n’y échappent pas. Depuis plusieurs mois en effet, la France subit des provocations inacceptables de la part de la Turquie, qui mettent en péril les rapports entre pays en Europe et au Moyen-Orient. Le problème n’est pourtant pas nouveau : déjà les Printemps arabes s’étaient distingués par l’impéritie et l’impréparation des dirigeants occidentaux et se sont illustrés par l’absence d’unité et de réponse claires. La proximité de la situation actuelle avec celle d’alors peut s’expliquer du fait du manque de compréhension que nous avons de la région et des dynamiques qui la déterminent.

L’instabilité menace à nouveau et, avec elle, les problèmes engendrés par les révolutions de 2011: flux migratoires importants, montée de l’extrémisme, investissements et opérations commerciales dans la zone. Comment expliquer cette résurgence après bientôt dix années ? A-t-on, à ce point, érigé l’inaction en règle que l’on refuse même d’éviter que ne se représentent des événements dramatiques ? En réalité, il faut bien convenir que des actions n’ont cessé d’être menées, seulement ce fut - presque toujours - de manière unilatérale.

Dès lors, après des échecs répétés, la réponse adéquate ne peut être que multilatérale. Ainsi, plus fondamentalement, l’insurrection qui vient outre-Méditerranée est une opportunité des plus importantes à saisir pour créer une véritable Europe régalienne, qui passerait plus spécifiquement par la diplomatie en attendant de dépasser les réticences persistantes à propos de l’Europe de la Défense.