Coronavirus et "bonne santé" du Portugal ou la découverte de nouveaux rivages par l'Europe?

Durant une large partie du vingtième siècle (46 ans), le Portugal a succombé au virus des régimes autoritaires ayant sévi en Europe (jusqu'à la Révolution des œillets du 25 avril 1974). Il fait partie d'ailleurs avec son voisin et cousin espagnol de la cohorte des dernières démocraties occidentales. Certains ont cru y voir un remède à toutes les poussées de fièvre xénophobe. Ceci étant, l'entrée de Chega au Parlement bien que moins affirmée (un député depuis les dernières élections en 2019) que celle de Vox témoigne d'un risque de rechute. S'agissant de contagion, qu'en est-il du soi-disant « miracle lusitanien » face à la pandémie du Covid-19 ? Cette expérience portugaise pourrait-elle susciter la découverte de nouveaux rivages par l'Europe ?


Le Portugal, pays de dix millions d'habitants, comptait environ 20 000 personnes contaminées le 22 avril dernier. Longtemps homme malade de l'Europe en termes de discipline budgétaire, ce « Finisterre » ibérique fait preuve, pour l'instant il est vrai, d'une belle santé face à la pandémie. Ainsi, le Portugal déplorait « seulement » 700 décès environ soit en proportion dix fois moins que son voisin ibérique. Certains observateurs n'hésitent pas à parler de « miracle ». D'autres plus mesurés évoquent la singularité tenant à différents facteurs « objectifs », à savoir d'une part, la géographie et d'autre part, l'économie.

par Carlos Manuel Alves

Article publié le
11/3/2020