La Défense européenne face à ses alliés anglo-saxons

Lors du Conseil européen extraordinaire des 25 et 26 février 2021, durant lequel les dirigeants européens se sont notamment entretenus avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, Charles Michel résumait le programme européen en matière de défense par une phrase clé : « Un partenariat fort requiert des partenaires forts ». Si le président du Conseil européen faisait ainsi référence à la relation bilatérale UE-OTAN, la formule est particulièrement riche de sens au vu de la situation européenne en matière de Défense. D’une part, les quatre ans passés par Donald Trump à la tête de l’administration américaine et l’instabilité qui s’en est suivie ont montré qu’un partenaire particulièrement capable était une condition certes nécessaire mais non suffisante d’un partenariat fort. D’autre part, la sortie duRoyaume-Uni de l’Union européenne (UE), décidée en 2016, a montré que l’UE elle-même pouvait difficilement se considérer comme un partenaire capable et, malheureusement, encore moins attractif.

Cette étude se propose de revenir sur le rapport que la Défense européenne entretient avec ses deux partenaires historiques, les États-Unis - à travers l’OTAN - et le Royaume-Uni. L’histoire du projet d’une « Défense européenne » au sens strict, c’est-à-dire d’une défense des Communautés, puis de l’Union européenne, est en effet intimement liée à celui de l’OTAN, un partenaire dont la force tangente l’hégémonie (I). La sortie du Royaume-Uni de l’UE est ensuite l’aboutissement d’une logique de partenariat en trompe-l’œil, malgré l’importante perte à laquelle elle peut s’apparenter (II).

Une étude de Nathanaël Strehaiano

Remerciements au Président du Comité Europe de l'École de guerre

Article publié le
25/5/2021