Que peut faire la présidence slovène du Conseil de l’Union européenne pour les Balkans occidentaux ?

Résumé

Le 1er juillet, la Slovénie a pris la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE). Sa deuxième présidence sera très différente de la première qui a eu lieu en 2008. Même si la lassitude de l’élargissement et la nécessité de consolider d’abord l’UE étaient déjà présentes à l’époque, la perspective d’une intégration européenne plus poussée ne semblait pas avoir d’alternative. Depuis lors, l’UE a été mise au défi par la concurrence géopolitique de l’extérieur et par le nationalisme et l’illibéralisme de l’intérieur. La politique d’élargissement de l’UE n›échappe pas à cette tendance. La lenteur des progrès des pays des Balkans occidentaux est le résultat de l’affaiblissement de la crédibilité de l’UE et du renforcement des acteurs anti-réforme dans la région. Pendant ce temps, le cadrage géopolitique de la stratégie d’élargissement réformée mobilise une attention et des ressources nouvelles de l’UE vers les Balkans occidentaux. La Slovénie sous le Premier ministre Janez Janša est elle-même devenue un sujet de tendances illibérales et n’est plus considérée comme le phare de la transition vers la démocratie libérale et l’européanisation de la région qu’elle était. Cela a été démontré par le récent document officieux attribué à la Slovénie qui proposait de réintroduire les frontières ethniques dans les Balkans occidentaux. Néanmoins, la Slovénie soutient toujours l’élargissement de l’UE à la région, élargissement qui serait stratégiquement bénéfique pour ce pays. Au sein de la présidence slovène, plusieurs priorités sont pertinentes du point de vue de la stratégie de l’UE pour les Balkans occidentaux. Enfin, le sommet informel UE-Balkans occidentaux prévu le 6 octobre 2021 sera l’un des temps forts et l’une des occasions de réaliser des progrès. La Slovénie devrait donc profiter de la présidence pour regagner la crédibilité perdue.

Article publié le
11/10/2021