Universités et recherche en Europe : des champions certes mais surtout de l’harmonisation !

Il existe des fleurons cognitifs européens, reconnus dans les controversés classements mondiaux des Universités, mais dont tout le monde s’arrache les places des Top 10, 50 et 100. Nous en comptons dans l’Union européenne (UE) une dizaine se situant dans les Top 50, (ou très proche) des trois grands classements mondiaux des universités, qui font rayonner et rendent l’Europe cognitive attractive, de par le monde.

En France, le système des regroupements, dont la dernière matérialisation sont les Communautés d’universités et d’établissements (comUEs), semble commencer à produire les résultats escomptés. La comUE Paris-Sciences-et-Lettres, créée en 2015 et qui regroupe 25 établissements d’enseignement supérieur, a fait son entrée dans le Top 50 du classement « Times Higher Education World University Rankings » en 2018 et Sorbonne Université, créée en 2018 (regroupement de Paris-Sorbonne et Pierre-et-Marie-Curie) se distingue également par de beaux résultats.

Les grands regroupements parisiens deviennent les nouvelles références européennes incontestées. On relèvera cependant, et de manière similaire aux autres Etats-membres de l’UE, quelques grands champions en devenir, quelques établissements qui suivent difficilement dans les tops 100mais aussi, beaucoup de retardataires.

En France et dans l’UE, « le système universitaire devrait ressembler de plus en plus au tour de France dans l’étape du Tourmalet » :un peloton de tête (souvent des capitales), une échappée poursuivante et une grande masse à l’arrière (très souvent les métropoles moyennes et établissements de territoires plus ruraux). Nous donner les moyens d’avoir des champions est une chose mais pouvoir faire la course en comptant sur la matière grise d’un large nombre en est une autre.

Ces nouvelles tendances semblent résolument s’appuyer sur un nouveau paradigme d’organisation spatiale de l’enseignement supérieur et de la recherche en Europe qui s’appuie sur la concentration géographique des activités de production et de diffusion des connaissances. Cela risque d’engendrer de nouvelles formes de déséquilibres, d’inégalités spatiales et de relégations territoriales, notamment en ce qui concerne les universités de petites et moyennes métropoles, insuffisamment intégrées aux nouvelles stratégies de pôles et hubs cognitifs mondialisés. Pour parer à cela, s’il nous faut certes des champions c’est surtout l’harmonisation qui s’avère nécessaire !

Par Benjamin Dagot

Article publié le
19/1/2021