Elles font bouger l'Europe - Interview de Madi Seydi

1. Quel a été votre parcours pour parvenir jusqu’aux fonctions que vous occupez actuellement ? 

Alors sur le plan universitaire, j’ai fait des études de droit public, puis j’ai intégré le CELSA, où j’ai fait un Master 2 spécialisé en communication des collectivités territoriales.Sur le plan professionnel : j’ai débuté ma carrière en qualité de chargée de mission en ministère, ensuite j’ai intégré le Sénat, où j’ai été attachée parlementaire pendant trois ans et demi, puis j’ai travaillé auprès d’un élu local, en qualité de collaboratrice de cabinet, avant d’intégrer une agence RP au sein de laquelle j’ai été responsable du digital, alors là, c’était une toute autre mission, mais toujours en lien avec le développement de l’influence des marques ou des personnes.Ce n’est qu’en 2015 que j’ai intégré mon premier cabinet de conseil spécialisé en communication d’influence.A coté de cela, j’ai fait le choix de m’engager en politique 


2. Et avez-vous senti, au cours de votre carrière, que le fait d’être une femme pouvait constituer un obstacle, ou à minima avoir une influence sur votre parcours ? 

Alors c’est sûr que je n’ai pas choisi un métier où les femmes sont très représentées ; mais je crois que ce qui me plait dans mon travail, c’est la difficulté des challenges et des défis à relever. J’aurais aimé vous répondre à cette question de manière négative, mais la réalité des affaires publiques est que c’est un monde très masculin, un monde très stéréotypé, où les places sont chère. Et où il y a encore nombre de préjugés, et de plafonds de verres à faire tomber. 


3. Quel conseil pourriez-vous donner à une jeune femme qui craindrait de se lancer dans le secteur du conseil ou de la politique ? 

Alors je lui dirais qu’elle doit être très persévérante, je lui conseillerais d’être intransigeante avec ses valeurs, et enfin de constamment renouveler ses connaissances et ses expertises car ces dernières, si elles sont singulières, peuvent vraiment faire la différence. 


4. Au cours de votre carrière, avez-vous pu dégager une forme de diagnostic de solutions, en lien avec la situation des femmes que vous conseillez ? Si oui de quel type ? 

Ce que j’ai pu constater au cours de ma carrière, c’est que la sous représentation des femmes va au delà de la politique, et des métiers du conseil : c’est un problème de société, même si certains secteurs sont plus genrés que d’autres. Plus on gravit les échelons en termes de responsabilités, et le constat est simple, il y a de moins en moins de femmes. D’ailleurs je dois avouer que ces cinq dernières années, dans mon métier de conseil, j’ai accompagné très peu de femmes. Mais je pense que nous vivons dans une société aujourd’hui dans laquelle nous avons très tôt été conditionné.e.s à une répartition sociale des rôles et des métiers. Mais, je crois que malgré cela, avec la génération Z qui aspire à une autre forme de société, à une autre manière de travailler, qui as- pire à vivre dans une société ou il y a davantage de justice sociale, davantage d’égalité, davantage d’écologie, je pense qu’on peut espérer que les choses puissent changer de manière durable. 


5. Au regard de ces diagnostics, que peut faire l’Europe ? Quelles valeurs clés souhaiteriez-vous voir portées par ses représentants ? 

La question de la sous-représentation des femmes dans la politique et dans le conseil, c’est vraiment une question de société, mais je pense qu’incontestablement, l’Europe a un rôle à jouer. D’abord, je crois que ce rôle il est politique, je crois que l’UE doit jouer de son influence auprès des Etats, peut être pour conditionner, peut-être, l’attribution des aides, l’attribution des financements à la réalisation effective de l’égalité hommes-femmes. Et je crois qu’il est important quel’Europe mette au coeur de son projet, la question de l’égalité hommes-femmes, mais également la question de la représentation de la diversité, sous toutes ses formes, voilà, qu’il s’agisse de la diversité sociale, de la diversité culturelle.... 

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Résumé
« La sous représentation des femmes va au delà de la politique, et des métiers du conseil : c’est un problème de société » ‍ Retrouvez l’interview de Madi Seydi réalisée dans le cadre du programme #ellesfontbougerlEurope En Europe, les écarts entre les femmes et les hommes restent très présents. Si les femmes sont légèrement plus éduquées que les hommes, l’écart se creuse considérablement dans le milieu professionnel, milieu d’action et d'influence. Ces conditions ne semblent pas faciliter la tâche des femmes qui souhaitent agir et décider pour construire l’Europe de demain. C’est pour cela que EuropaNova a décidé de créer le conseil scientifique des femmes qui agissent pour l’Europe de demain.
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