Les aspirations euro-atlantiques de l'Ukraine - Un cas d'étude au coeur de la sécurité du continent

Lors d’une interview accordée à Axios le 23 janvier 2021 [1], le président ukrainien Volodymyr Zelenski déclare « Pourquoi ne sommes-nous toujours pas dans l’OTAN ? ». Cette question, directement adressée au nouveau président J. Biden, révèle les aspirations euro-atlantiques des autorités ukrainiennes. Ces aspirations reflètent deux des grands enjeux auxquels l’Ukraine est confrontée depuis la révolution de 2014 : d’une part, sa sécurité et son intégrité territoriale et d’autre part, ses axes de politique étrangère. La situation ambivalente de l’Ukraine - historiquement et culturellement liée à la Russie, mais avec des relations privilégiées avec l’Ouest - est à la base des divisions profondes qui déchirent l’Ukraine depuis la révolution. Confrontée à un conflit gelé dans le Donbass et à des menaces hybrides venant de Russie, la question du rapprochement avec l’Ouest est au centre des débats publics. La signature de l’accord d’association avec l’Union européenne et l’approfondissement du partenariat avec l’OTAN met en exergue le virage pro-occidental de l’Ukraine depuis la chute du régime de V. Ianoukovitch.

Malgré les difficultés de l’UE à résoudre pacifiquement la crise en Ukraine et l’implication très limitée de l’OTAN, Kiev continue de percevoir un rapprochement avec l’Ouest comme une garantie pour sa sécurité. Cependant, cette garantie de sécurité ne semble avoir de sens qu’à travers une pleine adhésion à l’UE, et surtout à l’Alliance atlantique, qui permettrait à l’Ukraine de rentrer dans le système de sécurité européen et d’être ainsi protégée par la défense collective prévue par l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. En 2017, le Parlement ukrainien, la Rada, a voté une loi faisant de l’adhésion à l’OTAN et à l’UE un des objectifs stratégiques de la politique étrangère et sécuritaire de l’Ukraine. Cette loi, entrée en vigueur en 2019, inscrit cet objectif dans la constitution du pays et marque ainsi, selon le président du parlement de l’époque, « l’irréversibilité de notre choix européen » [2].

Bien que le rapprochement entre l’Ukraine et l’occident se soit accentué depuis la crise de 2014, l’hypothèse d’une adhésion à l’OTAN et à l’UE semble prématurée pour de nombreux observateurs. En effet, malgré les nombreuses réformes entreprises par Kiev, aucun des textes de ces deux organisations ne prévoit une adhésion de l’Ukraine sur le court ou moyen terme. Il est donc très peu réaliste de voir les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine prendre forme dans les prochaines années.

I - L’échec de l’UE comme acteur de sécurité régionale efficient

Ainsi, il semble pertinent de s’interroger sur les ressorts de ces processus d’adhésion, et de leurs blocages, en s’interrogeant sur comment les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine se heurtent au pragmatisme des occidentaux. Si le pragmatisme américain est plus lié à la nature même de l’OTAN, à son financement et à son degré d’utilité dans un monde marqué par la confrontation sino-américaine, le pragmatisme européen concerne lui l’adhésion de l’Ukraine en elle-même, c’est-à-dire la peur de froisser Moscou et d’en subir les représailles. Pour analyser ce pragmatisme occidental, notamment européen, il convient tout d’abord de s’intéresser à l’intervention de l’UE dans la crise ukrainienne. Cette intervention a rencontré de grandes difficultés pour garantir la sécurité de l’Ukraine, et, de ce fait, l’UE a échoué à s’imposer comme un acteur de sécurité régionale efficient (I°). Dans une seconde partie, nous analyserons l’implication de l’OTAN dans la crise. Le soutien à l’Ukraine a été publiquement affirmé mais s’est avéré limité dans les faits (II°). Il semble enfin indispensable de comprendre la place du « facteur russe » dans la politique ukrainienne des occidentaux et de chercher à savoir comment le système de sécurité européen pourrait garantir la sécurité de l’Ukraine (III°).

Dans son travail sur la politique étrangère de l’UE dans le cas ukrainien, Paul Silva note la différence entre acteur de sécurité régionale et acteur de sécurité régionale efficient [3]. À cet égard, l’UE peut légitimement être vue comme un acteur de sécurité régionale, notamment depuis l’instauration et les évolutions de la PESC avec les traités de Maastricht à Lisbonne (A°). Néanmoins, en restant à l’écart des négociations (B°) et en échouant à contraindre la Russie à respecter ses engagements pris à Minsk (C°), l’UE, qui a délégué les négociations au couple franco-allemand, n’apparaît pas comme un acteur de sécurité régionale performant.

A - Le processus de gestion de crise de l’UE

Les différentes opérations extérieures de la Communauté européenne dans les années 90 ont révélé de profondes lacunes dans les processus de gestion de crise. Les interventions en ex- Yougoslavie, au Haut-Karabagh, ou en RDC ont montré les limites et les faiblesses de l’UE comme acteur de sécurité. Au-delà des situations spécifiques propres à chaque conflit et de la concurrence entre acteurs dans la pacification de ces Etats, l’UE doit faire face à sa complexe architecture institutionnelle pour s’imposer comme un acteur de sécurité.

Dans l’ouvrage « L’Union européenne et la gestion de crises » [4], B. Delcourt, M. Martinelli et E. Klimis ont montré comment certains recouvrements de compétence et une définition insuffisante des responsabilités ont induit des tensions entre différents organes de l’UE de l’époque (secrétariat du Conseil et Haut représentant, DG, Unité politique). Les concurrences inter- et intra-institutionnelles pour la gestion des instruments de la PESC sont donc à la source des bilans mitigés des opérations extérieures européennes. Les missions de police, d’assistance ou de conseil lors des opérations EUPOL et EUSEC en RDC ou PROXIMA en Macédoine ont révélé le manque de cohérence et de lisibilité, et donc d’efficacité, de la politique de gestion de crise de l’UE.

Le Traité de Lisbonne apparaît comme une réponse à ces faiblesses. En supprimant la structure en pilier, ce traité avait pour but d’améliorer la cohérence et la lisibilité des actions de l’UE sur la scène internationale et de faciliter la coopération inter-institutionnelle, notamment entre le poids politique du Conseil et les ressources économiques de la Commission. Les nouveautés instaurées par Lisbonne, comme la refonte du poste de Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et la création du Service Européen pour l’Action Extérieure, ont permis à l’Union d’apporter une réponse cohérente et unie face à l’enchaînement des événements en Ukraine.

En effet, dès le début des manifestations de l’Euromaïdan en 2013 le Conseil et la Commission affichent une posture claire en condamnant les violences et en exhortant le régime à la retenue. Les deux institutions vont collaborer étroitement pour mettre en place des sanctions contre les responsables politiques des violences et vont réaffirmer leur engagement dans l’Accord d’Association avec l’Ukraine, dont le rejet par V. Ianoukovitch avait déclenché les manifestations. La collaboration entre Conseil et Commission se poursuit ensuite avec des mesures de restrictions prises contre Moscou et avec le soutien affiché à l’Ukraine à la suite de la destitution du président et de l’annexion de la Crimée. Face aux ingérences russes dans le Donbass, les institutions européennes affermissent leur posture en renforçant les sanctions contre Moscou, débloquant des fonds pour l’Ukraine et en envoyant la mission EUAM de réforme du secteur de sécurité ukrainien.

En s’affichant aux côtés des manifestants puis du nouveau régime en place, l’UE a clairement montré sa position dans cette crise.

Entre sanctions politiques et économiques contre la Russie et soutien officiel à l’Ukraine, à travers une mission PSDC et des aides financières pour la mise en place de l’accord d’association, l’UE a joué un rôle majeur dans cette crise. Avec la coopération des institutions et la cohérence de la réponse apportée, l’Union incarne sans aucun doute un acteur de sécurité régionale légitime.

B - L’UE à l’écart des négociations portées par le couple franco-allemand

Si l’UE a joué un rôle important dans la crise ukrainienne, c’est la finalité de ses objectifs politiques qui détermine son efficience en tant qu’acteur de sécurité régionale. Malgré son implication, l’UE est restée relativement en marge de l’ensemble des négociations. En se confrontant à la Russie par le vote de sanctions, l’UE s’est éloignée du rôle de médiateur entre Moscou et Kiev, laissant notamment la France et l’Allemagne mener les négociations. A contrario, durant la crise géorgienne de 2008, l’Union, sous l’impulsion de la présidence française du Conseil de l’UE, avait mené les négociations entre les parties et avait déployé des observateurs pour surveiller le retrait des troupes russes.

Dans le cadre de la crise ukrainienne, les quatre accords de sortie de crise se sont déroulés dans un cadre inter-étatique où l’UE était le plus souvent absente.

Le premier accord signé à Kiev le 21 février 2014 regroupe le président Ianoukovitch et trois leaders d’opposition, sous la supervision de délégués français, allemand et polonais et d’un représentant russe. Si l’UE soutient la démarche des délégués européens, ces derniers sont plus présents en tant que ministres nationaux qu’en tant que fonctionnaires européens. Le lendemain, les manifestants déçus par cet accord reprennent leurs actions, forçant le président Ianoukovitch à s’exiler. L’implication de la Russie avec l’annexion de la Crimée en mars et le soutien aux insurrections séparatistes pro-russes crée un nouvel espace de négociation. Avec le soutien financier de l’UE à l’Ukraine et les condamnations occidentales des ingérences russes, la crise s’internationalise. Le 17 avril 2014, les représentants de la Russie, de l’Ukraine, des États-Unis et de l’UE se réunissent à Genève. Dans cet accord, l’UE est présentée par la voie de la Haute Représentante Catherine Ashton. Cet accord, qui prévoit une mission de surveillance de l’OSCE, est difficilement applicable sur le terrain et est considéré comme trop favorable à Moscou selon certains observateurs. Les séparatistes refusent de désarmer et Kiev poursuivent des opérations « anti-terroristes ». Le 5 septembre, devant la poursuite des combats dans le Donbass, de nouvelles négociations sont organisées dans le cadre de l’OSCE. Le premier accord de Minsk réunit les représentants de l’Ukraine, de la Russie et des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ; l’UE est totalement absente.

Presque aucune des dispositions du protocole de Minsk ne sera appliquée, chaque partie tentant de reprendre du terrain et de consolider les territoires contrôlés. Après l’échec du protocole de Minsk, les négociations reprennent le 11 février 2015, dans le format appelé « Normandie » réunissant Allemagne, France, Russie et Ukraine. Ce format « Normandie » s’impose alors comme l’espace de négociation privilégié dans la crise ukrainienne. La France et l’Allemagne y jouent un rôle moteur et représentent, de manière indirecte, les intérêts de l’UE. L’accord de Minsk II reflète le manque d’impact de la diplomatie européenne dans la sortie de crise. Si l’Allemagne et la France ont le soutien des institutions européennes et parlent en leur nom, il s’agit bien de négociations inter-étatiques. Il semble que Moscou cherche systématiquement à écarter l’Union en s’inscrivant dans une vision aristocratique des relations internationales, dans laquelle les négociations se font entre « grandes » puissances [5].

Durant ces phases de négociation, le rôle de l’UE en tant qu’acteur de sécurité régionale fut très limité, l’Union laissant la responsabilité de la gestion de crise à la France et l’Allemagne. Malgré les innovations institutionnelles du Traité de Lisbonne, qui ont donné une voix et un visage à la diplomatie européenne avec le Haut Représentant et le SEAE qui lui sont rattachés, cette diplomatie européenne peine toujours à s’imposer face aux grandes crises internationales.

La récente visite du Haut Représentant J. Borrell, en février 2021, à la suite de la répression des manifestations en soutien à l’opposant A. Navalny confirme les difficultés de l’UE à s’imposer sur la scène internationale. En pleine conférence de presse avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, Moscou annonce l’expulsion de trois diplomates européens sous prétexte de participation à ces manifestations « illégales ». Selon J. Borrell, cette provocation « a montré que l’Europe et la Russie s’éloignent l’une de l’autre. La Russie semble se détacher progressivement de l’Europe. » [6].

C - Les difficultés de mettre fin à l’agression russe

L’UE s’est impliquée dans la crise ukrainienne par divers moyens : sanctions économiques et politiques votées par le Conseil, fonds débloqués par la Commission et mise en place de la mission de formation du système de sécurité ukrainien par le SEAE. Néanmoins, malgré ces interventions qui confirment l’UE comme acteur de sécurité régionale, cette dernière n’est pas parvenue à remplir ses objectifs politiques, à savoir contraindre la Russie à respecter ses engagements pris lors de l’accord de Minsk II.

Par son intervention dans la crise et sa confrontation avec Moscou, l’Union s’aliène le statut de médiateur et se retrouve en retrait des négociations internationales, laissant la France et l’Allemagne mener les négociations dans le cadre interétatique du format « Normandie ».

Dans ses travaux, Paul Sylva utilise le cadre analytique de Brattberg et Rhinard qui ont synthétisé de nombreuses variables pour définir la performance d’un acteur de sécurité (« context, cohérence, capabilities and consistency »). Il en conclut que l’intervention de l’UE en Ukraine ne fut pas performante car elle n’est pas parvenue à ses objectifs politiques. Ainsi, si l’UE peut légitimement être vue comme un acteur de sécurité régionale, elle n’en est pas moins un acteur de sécurité régionale performant. Cet échec s’explique d’une part par les faiblesses internes de l’UE : complexité institutionnelle, division des Etats- membres et faible poids politique. Néanmoins, cet échec s’explique également et surtout par le positionnement de l’UE dans la crise. En effet, par le vote et le renouvellement des sanctions contre Moscou, l’Union s’est mise à l’écart des négociations, rendant ses objectifs politiques difficilement atteignables.

Avec l’impossibilité de mettre fin à l’agression russe et l’émergence d’un nouveau conflit à ses portes, l’UE a montré les failles de sa politique étrangère, notamment en termes de sécurité et de défense. Selon un rapport de l’OSCE [7], entre le 11 et le 24 janvier 2021, 966 violations de cessez-le-feu ont été enregistrées. L’association Promote Ukraine a elle comptabilisé la mort de 50 soldats ukrainiens en 2020, avec près de 340 blessés [8]. Ces données nous renseignent sur l’intensité du conflit en Ukraine. Bien que « gelé », les combats n’ont pas cessé et les tensions restent vives entre Kiev et Moscou, comme l’ont montré l’incident naval de novembre 2018 dans le détroit de Kertch et l’arraisonnage d’un tanker russe en mer d’Azov en juillet 2019. Malgré une accalmie depuis la signature d’un nouveau cessez-le-feu en août 2020, la situation semble se dégrader depuis 2021 avec la mort de 11 soldats ukrainiens en février [9].

Malgré l’intervention unie et cohérente des institutions européennes dans la crise ukrainienne, l’UE n’est pas parvenue à contraindre la Russie à respecter ses engagements pris lors des accords de Minsk II. Seuls la France et l’Allemagne ont réussi à obtenir le gel du conflit. La coopération poussée entre Kiev et Bruxelles, initiée avec l’accord d’association de 2014, n’a donc pas permis d’assurer la sécurité de l’Ukraine. En se mettant à l’écart des négociations et en déléguant le rôle de médiateur à la France et l’Allemagne, l’UE a échoué à s’imposer comme un acteur de sécurité régionale efficient.

II - Le soutien affiché mais limité de l’OTAN

Alors que l’UE s’est montrée proactive dans la crise, l’attitude de l’OTAN a été plus mesurée. Le soutien officiel et affiché à l’Ukraine (B°) s’explique par le partenariat stratégique de longue date avec ce pays (A°). Néanmoins, le processus d’adhésion, qui apparaît comme le seul moyen de garantir la sécurité ukrainienne, semble aujourd’hui gelé (C°).

A - Un partenariat stratégique de longue date

La fin de la guerre froide marque le début de la coopération entre l’Ukraine et l’OTAN. Dès son indépendance en 1991, l’Ukraine devient membre du Conseil de coopération nord-atlantique, puis rejoint le programme Partenariat pour la paix en 1994. En 1997, la Charte de partenariat spécifique est signée créant la Commission OTAN-Ukraine (COU). Cette commission vise à soutenir l’Ukraine dans ses réformes, notamment dans le secteur de la défense et de la sécurité, afin de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Plusieurs bureaux sont créés pour faciliter la communication entre Kiev et l’organisation : Centre d’informa- tion et de documentation de l’OTAN à Kiev, mission diplomatique ukrainienne auprès de l’OTAN, Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la réforme de la défense et Bureau de liaison de l’OTAN à Kiev. Jusqu’à l’élection de V. Ianoukovitch en 2010, la relation OTAN-Ukraine devient de plus en plus étroite, les deux parties affichant clairement leur souhait de voir l’Ukraine rejoindre l’Alliance. Le nouveau gouvernement de Ianoukovitch marque un frein à la coopération OTAN- Ukraine. En février 2010, le gouvernement ukrainien retire de son programme l’adhésion à l’Alliance tout en souhaitant poursuivre sa coopération avec elle.

Parallèlement au processus d’adhésion, l’Ukraine participe à de nombreuses opérations de l’OTAN en tant que pays partenaire. En ex-Yougoslavie avec l’envoi de soldats ukrainiens en Bosnie-Herzégovine en 1996, et au Kosovo en 1999, en Irak avec l’envoi d’officiers pour la mission de formation en 2005, en Méditerranée en déployant des navires dans le cadre de l’opération Active Endeavour en 2007, 2008 et 2010, au large de la Somalie en mettant à disposition de l’Alliance une frégate dans le cadre de l’opération Ocean Shield en 2013, et en Afghanistan en contribuant à la mission de suivi Resolute Support depuis 2015 [10]. L’Ukraine collabore également avec l’OTAN dans d’autres domaines comme le transfert d’information, les forces de réactions de l’OTAN (section spécialisée dans les menaces nucléaires, biologiques et chimiques), les capacités de transport aérien stratégique ainsi que les capacités navales et médicales.

À travers sa participation aux exercices et aux opérations de l’Alliance, l’Ukraine est devenue un des partenaires privilégiés de l’OTAN. En 2020, elle devient l’un des 6 pays partenaires « nouvelles opportunités » de l’Alliance favorisant l’interopérabilité et amenant des possibilités accrues de dialogue et de coopération avec les Alliés.

B - Le soutien officiel à l’Ukraine et la condamnation de la Russie

Dès décembre 2013, l’OTAN condamne l’usage excessif de la force contre les manifestants pacifiques et appelle les deux parties à la retenue. Après la chute du régime de V. Ianoukovitch et les premières interventions russes en Crimée et à la frontière ukrainienne, l’OTAN, dans un communiqué du 2 mars 2014 [11], dénonce une « violation du droit international » et demande à la Russie de respecter « ses obligations lui incombant en vertu de la Charte des Nations Unies ainsi que l’esprit et les principes de l’OSCE [...] ses obligations internationales, notamment celles qui sont énoncées dans le Mémorandum de Budapest de 1994, dans le Traité d’amitié et de coopération signé entre la Russie et l’Ukraine en 1997. ». L’Alliance exhorte également la Russie à « rappeler ses forces dans ses bases et de s’abstenir de toute ingérence ailleurs en Ukraine » tout en dénonçant le caractère illégal et illégitime du référendum organisé en Crimée et de l’annexion qui en suit. Dans une déclaration du 1er avril, les ministres des affaires étrangères des pays membres de l’OTAN annoncent mettre un terme à la coopération civile et militaire avec la Russie et rappellent la condamnation de l’intervention militaire illégale de la Russie en Ukraine. [12]

Parallèlement à cette condamnation de la Russie, l’OTAN affiche son soutien à l’Ukraine et rappelle que « les Alliés continueront d’appuyer sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale ainsi que le droit de la population ukrainienne de déterminer son propre avenir, sans ingérence extérieure ». Dans le communiqué du 1 avril 2014, la COU soutient le déploiement d’une mission de surveillance de l’OSCE et félicite « les forces armées ukrainiennes pour leur courage, leur discipline et leur retenue face aux provocations » [13]. Ce soutien politique est accompagné d’un soutien technique avec une intensification de la coopération avec l’Ukraine visant la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer l’aptitude de Kiev à assurer sa propre sécurité. [14] Le soutien est enfin financier avec la création, lors du sommet du Pays de Galles en 2014, de cinq fonds d’affectation spéciale visant à aider l’Ukraine dans cinq domaines : commandement, contrôle, communication et informatique (C4) ; logistique et normalisation ; cyberdéfense ; transition de carrière pour le personnel militaire ; réadaptation médicale [15].

Les tensions maritimes autour du détroit de Kertch entre 2018 et 2019 et la construction d’un pont reliant la Russie à la Crimée et fermant ainsi l’accès à la mer Noire ont entraîné de vives réactions de l’OTAN. L’organisation a renforcé sa coopération avec l’Ukraine et ses autres alliés régionaux pour répondre à la militarisation de la mer Noire par la Russie. Lors de la conférence de presse entre le Premier ministre ukrainien D. Chymhal et le secrétaire général de l’Alliance J. Stoltenberg le 9 février 2021, ce dernier rappelle les modalités du soutien et de la collaboration avec l’Ukraine : entraînement collectif, partage d’information, coopération dans le commandement et le contrôle, et une enveloppe de 40 millions d’euros pour aider l’Ukraine dans ses réformes. Il insiste également sur la modernisation des installations portuaires ukrainiennes ainsi que sur sa volonté de rétablir et d’assurer la libre circulation dans le détroit de Kertch. La visite de l’Académie Navale d’Odessa par le secrétaire général, en octobre 2019 [16] , incarne cette volonté de renforcer la coopération avec les trois alliés (Roumanie, Bulgarie et Turquie) et les deux partenaires stratégiques (Géorgie et Ukraine), en particulier avec les forces navales et les garde-côtes, pour contrer la tentative russe de privatisation de la mer Noire.

C - Un processus d’adhésion gelé

L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN représente depuis la fin de la guerre froide un des objectifs stratégiques de Kiev pour se prémunir de l’influence russe et éviter de retomber dans le giron de Moscou. Après la mise en place de la COU en 1997, complétée par des groupes de travail conjoint et des missions de représentation, le président L. Koutchma annonce en 2002 que l’Ukraine souhaite devenir un jour un membre de l’OTAN. Les travaux communs, notamment au sein de la COU avaient donc pour but d’encourager l’Ukraine à mener ses réformes pour se conformer aux exigences de l’Alliance, et, à terme, être en mesure de la rejoindre.

Le processus d’adhésion à l’OTAN repose sur le Plan d’Action pour l’Adhésion (Membership Action Plan - MAP) [17]. Mis au point en 1999 après l’accession de trois anciens satellites soviétiques en 1997 (République Tchèque, Pologne, Hongrie), ce plan a pour but d’aider les pays candidats à se préparer pour une future adhésion. Dès sa création, 7 pays de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est y participent (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) et se voient attribuer en 2002, à l’occasion du sommet de Prague, des pourparlers d’adhésion. Lors de ce même sommet de Prague, les pays membres de la COU adoptent un Plan d’Action OTAN-Ukraine. Ce Plan d’Action résulte d’un compromis entre le scepticisme des Alliés quant à l’avancement des réformes et la détermination de Kiev d’obtenir un MAP au regard des pressions de plus en plus fortes exercées par la Russie.

Selon James Greene, ancien chef du Bureau de liaison de l’OTAN en Ukraine, le Plan d’Action OTAN-Ukraine de 2002 correspond bien à un Plan d’Action pour l’Adhésion, amputé du mot « adhésion ».[18] Il montre comment l’obstination ukrainienne d’obtenir ce MAP a pris le pas sur la réalisation de réformes et la mobilisation des ressources pour les mener à terme. Lors du sommet de Bucarest en avril 2008, la France et l’Allemagne mènent l’opposition contre la délivrance d’un MAP à l’Ukraine. En contrepartie, tous les membres de l’Alliance, y compris Paris et Berlin, acceptent la promesse que l’Ukraine rejoindrait un jour l’OTAN [19], sans pour autant fixer d’échéance.

La crise de 2014 a marqué une accélération dans la coopération entre l’OTAN et l’Ukraine mais n’a pas apporté de réponses aux aspirations euro-atlantiques de Kiev. En effet, « le statut de partenaire ‘nouvelles opportunités’ octroyé à l’Ukraine ne préjuge en rien de la décision concernant l’adhésion à l’OTAN » [20]. Selon les responsables de l’OTAN, la poursuite des réformes reste au cœur du processus d’adhésion de l’Ukraine. Néanmoins, l’obtention d’un MAP ne résulte pas uniquement de la conduite des réformes et des normes, il s’agit avant tout d’une question politique. Selon Alyona Hetmanchuk, directrice du New Europe Center, « la question du plan d’adhésion à l’OTAN [de l’Ukraine] continue d’être toxique à l’OTAN aujourd’hui. » [21].

La coopération ancienne et approfondie entre l’Ukraine et l’OTAN n’a donc pas permis d’assurer la sécurité ukrainienne face aux agressions russes. L’intervention limitée de l’OTAN dans la crise n’a pas répondu aux attentes de Kiev qui voit dans l’accession à l’Alliance, et donc à la défense collective, sa seule garantie de sécurité.

III - Le « facteur russe » au centre des discussions sur l’intégration de l’Ukraine dans le système de sécurité européen

L’UE et l’OTAN ne sont pas parvenues à garantir la sécurité de l’Ukraine et à éviter un nouveau conflit aux portes de l’Europe. Alors que l’espoir d’une adhésion à l’OTAN semble aujourd’hui peu réaliste malgré une coopération renforcée (A°), la division des Européens à l’égard de la Russie rend l’adhésion de l’Ukraine à l’UE elle aussi improbable (B°). Il s’agirait donc de repenser un nouveau système de sécurité européen pouvant garantir la sécurité de l’Ukraine sans aliéner les relations avec Moscou (C°).

A - La volonté d’une coopération renforcée avec l’OTAN sans adhésion directe

Il existe une riche littérature scientifique sur l’OTAN. D’une part sur ces élargissements successifs, et d’autre part sur ses liens avec l’Ukraine [22]. La synthèse de ces deux axes de recherche tend à mettre en lumière les frustrations russes quant à l’élargissement progressif de l’Alliance, notamment après la fin de la guerre froide et l’intégration d’anciens pays du bloc de l’Est. Ces élargissements auraient été perçus par la Russie comme une tentative de l’exclure du nouvel ordre européen et de reconstruire de nouvelles divisions en Europe après la chute du rideau de fer. L’intervention de l’OTAN contre la République Fédérale de Yougoslavie, en 1999, a contribué aux perceptions russes de l’Alliance : une organisation militaire offensive prête à intervenir dans les affaires domestiques d’un Etat souverain. Depuis l’accession des trois Etats baltes en 2004, qui crée une frontière commune avec la Russie, Moscou a continuellement critiqué les élargissements et les ambitions de l’OTAN. En intervenant en Géorgie en 2008, en réponse au sommet de Bucarest qui a entamé des pourparlers d’adhésion avec la Croatie et l’Albanie et salué les aspirations euro-atlantiques de la Géorgie et de l’Ukraine, la Russie a montré qu’elle n’accepterait pas l’avancée de l’OTAN dans sa « sphère d’influence ».

C’est sur ce même schéma que la Russie est intervenue en Ukraine après l’Euromaïdan pour déstabiliser le pays et faire émerger un nouveau conflit gelé, écartant de facto une future intégration à l’OTAN à court terme. En effet, selon une étude interne sur les élargissements de l’Alliance « Les Etats en proie à des querelles ethniques ou ayant des litiges territoriaux d’ordre externe, y compris des revendications irrédentistes, ou des litiges juridictionnels d’ordre interne, doivent s’employer à régler ces différends [...] Le règlement de tels différends serait un facteur entrant en ligne de compte dans la décision d’inviter un Etat à devenir membre de l’Alliance. ». [23] Le règlement des contentieux territoriaux apparaît donc comme une condition majeure, voire sine qua non, à l’intégration de nouveaux membres.

Dans l’hypothèse d’une adhésion de l’Ukraine, il semble difficile de déterminer ce dont il adviendrait des populations du Donbass et de Crimée, dont l’annexion n’est toujours pas reconnue par les occidentaux.

D’aucune ont montré la contradiction inhérente entre la défense collective prévue par l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord et sa politique de « porte ouverte » inscrite à l’article 10. En accueillant de nouveaux membres, l’Alliance crée des divisions internes entre les alliés, et externe avec le voisin russe [24]. Cette situation entre en conflit avec la doctrine Harmel qui a longtemps été à la base des orientations stratégiques de l’OTAN. Cette doctrine, élaborée en 1967 par le ministre belge des affaires étrangères Pierre Harmel, repose sur deux piliers : d’une part, maintenir une puissance militaire et une solidarité politique pour assurer une force de dissuasion efficace, et d’autre part, favoriser une détente par le dialogue, un renforcement de la paix et une démilitarisation progressive. [25] Ainsi, en accueillant l’Ukraine en son sein, l’OTAN fragiliserait sa solidarité politique et donc la force de dissuasion de sa défense collective tout en aggravant considérablement ses relations avec la Russie, au dépens de la stabilité en Ukraine et en Europe. Lors du sommet de Bucarest en 2008, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne se sont opposés à la délivrance d’un MAP à l’Ukraine. Parallèlement, un sondage de 2015 a dévoilé qu’une « majorité de votant dans la plupart des pays européens n’approuvent pas de prendre des mesures militaires contre la Russie en soutien à l’Ukraine. » [26].

Au-delà des barrières pratiques liées au conflit gelé dans le Donbass et à la situation en Crimée, il existe aussi une réticence des alliés à voir entrer l’Ukraine dans l’Alliance. Ce pragmatisme des occidentaux, européens notamment, repose sur la crainte des représailles de Moscou qui a, depuis l’intervention en Géorgie, montré sa ferme intention de lutter contre l’expansionnisme de l’OTAN. Le facteur russe revêt une importance centrale dans les débats autour de l’adhésion de l’Ukraine. Selon T. German, le refus de l’OTAN d’intégrer des pays de l’ancien espace soviétique indiquerait que la Russie dispose de facto d’un droit de veto quant au processus d’élargissement de l’OTAN, et que l’Alliance, par ce fait, reconnaîtrait implicitement une « sphère d’influence » à la Russie [27].

B - La division des Européens à l’égard de la Russie

Dès le début de la crise, si l’UE a apporté une réponse unie entre soutien à l’Ukraine et sanctions contre la Russie, l’attitude des pays européens à l’égard de Moscou s’est révélée très variable. Une étude réalisée en 2017, par le think tank European Values pour le Parti Populaire Européen, détaille l’attitude de chaque pays envers Moscou dans le cadre du conflit en Ukraine [28].

Ce rapport dresse une liste de sept catégories de pays : 6 pays représentant la ligne dure de l’UE et voulant une réponse ferme à l’agression russe (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Royaume-Uni, Danemark) ; 5 pays qui ont considérablement modifié leur attitude après l’agression russe (Finlande, Suède, Pays- Bas, République Tchèque, Allemagne) ; 3 pays qui soutiennent la lutte contre l’agression russe sans s’exprimer sur ce point (Croatie, Roumanie, Bulgarie) ; 3 pays qui n’ont pas de réelles relations avec la Russie (Portugal, Malte, Irlande) ; 6 pays qui restent en retrait (Autriche, Belgique, France, Luxembourg, Espagne, Slovénie) ; 2 gouvernements qui utilisent la Russie pour des raisons domestiques en faisant pression sur l’UE (Slovaquie, Hongrie) ; et 3 pays qui ont une attitude plus positive envers la Russie (Grèce, Italie, Chypre).

Cette classification dresse un premier portrait des divisions européennes entre : les partisans d’une ligne dure dans la réponse à l’agression russe, les pragmatiques, et ceux qui souhaitent conserver de bonnes relations avec Moscou. Ces différences profondes reposent sur des situations particulières propres à chaque pays, liées notamment à l’Histoire, à la distance et à l’économie. Par exemple, l’attitude des pays du Bénélux repose en partie sur leur taille et sur leur distance avec la Russie : entourés par de grands Etats, leur force repose sur la stabilité économique, ils sont donc moins enclins à mettre en place des sanctions nuisibles à leur économie [29], bien que les Pays-Bas modifient leur attitude après le crash du MH17. Certains pays de l’ancien bloc de l’Est, comme les Etats baltes ou la Pologne, ont traditionnellement une posture ferme par rapport à Moscou au regard des liens historiques qui les unissent. D’autres Etats, comme les pays scandinaves, ont affermi leur position à la suite des exercices et provocations militaires russes dans la Baltique. L’Italie est, elle, plus préoccupée par les problématiques liées aux migrants en Méditerranée que par les interventions belliqueuses russes à l’Est de l’Europe. Elle souhaite limiter les sanctions économiques pour limiter l’impact sur son économie, fortement liée à la Russie. La Grèce, durement frappée par la crise économique et financière et en conflit avec la Turquie notamment sur la question de Chypre, cherche le soutien de la Russie et tente donc de maintenir des relations cordiales avec elle.

Le couple franco-allemand, moteur de la résolution de la crise en 2015, a des vues divergentes sur l’attitude à adopter, bien qu’ils soient tous deux pour un maintien du dialogue. Cette différence de point de vue n’a pas entaché la cohésion entre Paris et Berlin dans la gestion de la crise ukrainienne et dans les relations avec Moscou. La coopération franco-allemande, dans le cadre du format « Normandie », a été centrale dans la crise ukrainienne et a permis de geler le conflit après les violations de cessez-le-feu successifs. Cette coopération a également permis de contrebalancer l’absence de l’UE tout en représentant indirectement ses intérêts.

L’Allemagne possède des intérêts économiques très liés à la Russie, notamment en ce qui concerne l’énergie. En 2015, imposer des sanctions trop fermes semble donc difficile à cet égard. La diplomatie allemande, avec la formule « Steinmeier », a souhaité se rapprocher des positions russes en donnant un statut spécial aux régions séparatistes et en organisant des élections dans ces régions. Le but est alors d’engager le retrait des troupes russes d’Ukraine en accord avec Moscou. On remarque également des dissensions internes qui ont influencé la politique extérieure allemande : la CDU ayant une tradition atlantiste alors que le SPD est plus favorable à Moscou. L’affaire « Lisa » de 2016 ainsi que les campagnes de désinformation et les soutiens russes à l’extrême droite ont néanmoins provoqué un glissement dans la vision des politiques allemands. Selon Stefan Meister, membre de la société allemande de politique étrangère, « la domination de l’économie sur la politique fait place à la domination de la politique sur l’économie. » [30]. Ainsi, la menace sécuritaire russe a pris le pas sur les liens économiques vitaux qui unissent l’Allemagne et la Russie. Plus récemment, l’empoisonnement de l’opposant A. Navalny a considérablement dégradé les relations entre Berlin et Moscou.

La position française est ambivalente : entre une tradition gaullo-mitterrandienne de relation étroite avec la Russie pour ne pas dépendre exclusivement de l’OTAN et une critique ferme des ingérences russes en Ukraine et dans les démocraties occidentales. Sous la présidence Hollande, les relations avec Moscou étaient gelées, comme a pu le montrer l’annulation de la vente de deux navires Mistral à la Russie. Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, montre comment l’élection de Macron marque un tournant dans la relation franco-russe [31]. On observe depuis une tentative de rapprochement avec des sommets communs, comme la visite de Poutine à Brégançon, et une reprise timide des échanges qui ne retrouvent cependant pas leur niveau de 2013.

Au regard de la diversité des postures vis-à-vis de la Russie, on comprend que l’importance du facteur russe dans la diplomatie européenne est centrale. Malgré la reconduite régulière des sanctions, la division européenne sur l’atti- tude à adopter envers Moscou complique davantage une possible adhésion de l’Ukraine au sein de l’UE. Une telle adhésion dégraderait nettement les relations des pays européens avec la Russie et compromettrait les efforts de dialogue et d’apaisement entrepris par le couple franco-allemand [32]. Parallèlement à ce facteur russe, des considérations internes rendent l’intégration de l’Ukraine inenvisageable pour le moment. Il existe au sein de l’UE de nombreux débats sur la pertinence des élargissements passés et leurs conséquences actuelles.

De plus, face à la division des Etats-membres sur les questions d’ordre sanitaire, économique, migratoire et géopolitique, ajouter de nouveaux membres ne semble pas pertinent aux yeux des décideurs politiques européens. L’interview d’un membre de la délégation de l’UE en Ukraine nous confirme qu’il n’existe aucun débat interne à l’UE quant à une future intégration de l’Ukraine.

C - L’hypothèse d’une nouvelle architecture du sys- tème de sécurité européen pour garantir la sécurité de l’Ukraine


Les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine se sont donc heurtées à une UE divisée et à une Alliance atlantique impuissante à garantir la sécurité ukrainienne. Le pragmatisme européen, lié notamment au facteur russe, rend aujourd’hui impossible une intégration de l’Ukraine au schéma de sécurité européen. La crise actuelle de l’OTAN force les Européens à s’interroger sur leur propre sécurité. En effet, entamé depuis le pivot asiatique d’Obama, et accéléré lors de la présidence Trump, le désengagement américain en Europe est patent. L’annonce du retrait de 12 000 soldats américains d’Allemagne [33] et les déclarations des présidents français et américain sur l’organisation, parlant respectivement de « mort cérébrale » et « d’obsolescence » ont remis en cause les fondements de l’architecture de la sécurité européenne. Si l’élection de J. Biden permet de retrouver un dialogue plus apaisé entre les chefs d’Etat des pays membres, la problématique de fond reste inchangée.

La politique de la porte ouverte est en paradoxe avec la doctrine Harmel car elle fragilise la sécurité de l’OTAN et la sécurité des pays aspirants, notamment ceux de la « sphère d’influence » russe. Ce paradoxe, incarné par le rejet des aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine, peut montrer la nécessaire refonte de l’OTAN, et donc de la sécurité européenne. Face à de nouveaux défis comme la position de la Turquie au sein de l’Alliance, la rivalité sino-américaine ou les interventions turques et russes en Syrie, en Libye et au Haut Karabakh, l’Alliance atlantique apparaît de plus en plus comme dépassée.

Puisque l’intégration de l’Ukraine à l’UE comme à l’OTAN est irréaliste dans les conditions actuelles, il est nécessaire de s’interroger sur une nouvelle architecture du système de sécurité européen qui serait capable de garantir la sécurité ukrainienne sans en exclure la Russie. En effet, la Russie est un partenaire stratégique indispensable, tant en terme politique avec son droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU, qu’économique avec ses ressources énergétiques vitales pour l’Europe. Les positions françaises sur « l’autonomie stratégique » de la défense européenne sont loin de faire l’unanimité.

Le désengagement américain ainsi que l’affaiblissement de la ligne dure à Bruxelles avec le Brexit, la perte de légitimité du régime polonais et les in- certitudes sur la future politique allemande, rendent les circonstances plus favorables à une refonte de la sécurité européenne. Selon M. Lefebvre, l’autonomisation de la sécurité européenne doit se faire au sein d’un pilier européen articulé à l’intérieur de l’OTAN. [34] D’autres trouvent irréalistes et contradictoires les ambitions françaises de se rapprocher de Moscou pour initier une nouvelle architecture de sécurité en Europe. [35] À l’évidence, les propositions françaises sur la sécurité européenne et sur les relations avec Moscou, seule porte de sortie viable de la crise en Ukraine, ne peuvent obtenir de résultat seules. L’enjeu, pour Paris, est de convaincre les capitales européennes de son projet, en premier lieu Berlin, qui reste sceptique quant à renouer un dialogue constructif avec Moscou.

Le « facteur russe » est donc au centre du scepticisme européen sur une possible intégration de l’Ukraine au schéma de sécurité européen. Tant à l’OTAN qu’à l’UE, l’adhésion de l’Ukraine aliénerait définitivement les relations des occidentaux avec la Russie et menacerait la sécurité de l’Europe.

Conclusion

Les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine, exprimées dès la fin de la guerre froide, ont pris un tournant nouveau avec la crise de 2014 et l’émergence d’un nouveau conflit gelé en Europe. Au regard des difficultés de l’UE à résoudre la crise et de la faible intervention de l’OTAN dans le conflit, les autorités ukrainiennes savent que seul un statut de membre à part entière au sein de l’UE, et surtout de l’OTAN, pourrait les prémunir de futures agressions russes. Néanmoins, l’obstination de Kiev d’intégrer le système de sécurité européen se heurte au pragmatisme des Occidentaux. Sur le plan matériel, l’adhésion de l’Ukraine est aujourd’hui impossible au regard du conflit dans le Donbass et de la situation en Crimée, dont l’annexion n’est toujours pas reconnue par les Occidentaux. Le devenir des populations de ces territoires disputés rend inenvisageable l’intégration de l’Ukraine à l’OTAN et à l’UE. Sur le plan politique, la division des Occidentaux, et notamment des Européens quant à la posture à adopter vis-à-vis de Moscou, bloque tout espoir de voir l’UE, et surtout l’OTAN, accepter prochainement l’Ukraine en leur sein. Bien que le rapprochement et l’intégration économique progressent entre Kiev et Bruxelles, l’hypothèse d’une intégration de l’Ukraine poserait d’autres problèmes, notamment la réaction des autres partenaires orientaux de l’UE et des pays des Balkans, déjà officiellement candidats. [36]

Parallèlement, la situation sécuritaire en Ukraine se dégrade. Le Kremlin appelant Paris et Berlin à freiner les ambitions militaires ukrainiennes au regard de la résurgence des combats dans l’est de l’Ukraine. [37] L’architecture du système de sécurité européen, construit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, trouve ici ses limites. Ni l’UE ni l’Alliance atlantique ne peuvent, à l’heure actuelle, rétablir la paix en Ukraine. La question se pose donc de repenser la sécurité européenne. Entre l’émergence d’un pilier européen au sein de l’OTAN ou une prise de distance vis-à-vis de l’Alliance, la majorité de la littérature scientifique s’accorde à dire que l’UE doit s’autonomiser et faire émerger une défense européenne moins dépendante de Washington. Mettre en place un nouveau système de sécurité européen, plus basé sur une sécurité collective qu’une défense collective, permettrait d’atténuer la polarisation extrême entre Russes et Occidentaux et encouragerait les deux parties à travailler ensemble pour une sécurité européenne. En effet, sans collaboration avec la Russie, il est peu réaliste de voir l’Ukraine sortir de ce conflit qu’elle subit depuis 7 ans.

L’accélération en façade du processus d’intégration de l’Ukraine à l’UE et l’OTAN était-elle une erreur de la part des Occidentaux ? Depuis la guerre de Géorgie en 2008, Moscou avait clairement indiqué la ligne rouge à ne pas franchir.

En poursuivant l’accord d’association avec l’Ukraine et en lui offrant une « perspective européenne », les Européens ont provoqué, sciemment ou non, une rupture avec la Russie. Cette rupture, plus ou moins prévisible, s’est nourrie de l’enchaînement des évènements en Ukraine et est aujourd’hui largement consumée. Rétrospectivement, y avait-il des alternatives pouvant éviter l’engrenage du conflit ? L’hypothèse d’une Ukraine indépendante, sortie de la « zone d’influence » de la Russie mais restant à l’écart de l’orbite européenne aurait-elle pu éviter la crise ? Mieux tenir compte des vues et intérêts de la Russie aurait probablement apaisé les relations entre Moscou et Bruxelles. Néanmoins, dans cette hypothèse, la Russie de Poutine n’aurait certainement pas laissé l’Ukraine s’émanciper aussi facilement.

Une étude de Eliot Sotty
D’après une publication originale au Green European Journal

Références

[1]https://www.president.gov.ua/en/news/ intervyu-prezidenta-ukrayini-programi-axios- sho-vihodit-na-p-66313

[2]https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/07/97001- 20190207FILWWW00114-ukraine- objectif-d-adhesion-a-l-ue-et-l-otan-dans- sa-constitution.php

[3] SILVA P. (s.d.), Evaluating EU Regional Security Actroness : A Case S@tudy of the EU’s Response to the Ukraine Crisis, University of Florida.

[4] DELCOURT, B., MARTINELLI M., KLIMIS E. (2008), L’Union européenne et la gestion de crises, Bruxelles, ULB, Institut d’études européennes.

[5] LEFORT, P. (2014). La crise ukrainienne ou le malentendu européen. Politique étrangère, 2(2), 109-121.

[6] My visit to Moscow and the future of EU-Russia relations - European External Action Service (europa.eu)

[7] 477121.pdf (osce.org)

[8] https://www.promoteukraine.org/fifty-ukrainian-soldiers-killed-in-donbas- in-2020/

[9]https://www.rfi.fr/fr/europe/20210302-l-ue-hausse-le-ton-contre-la-rus- sie-en-ukraine

[10] NATO - Topic: Relations avec l’Ukraine : https://www.nato.int/cps/fr/na- tohq/topics_37750.htm

[11]https://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_107681. htm?selectedLocale=fr

[12] https://www.nato.int/cps/fr/natolive/news_108501.htm
[13] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_108499.htm?selectedLocale=fr [14] https://www.nato.int/cps/fr/natolive/news_108501.htm
[15] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_50082.htm
[16] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_169960.htm
[17] https://www.nato.int/cps/fr/natolive/topics_37356.htm

[18]https://www.nato.int/docu/review/fr/articles/2017/07/04/le-partena- riat-specifique- otan-ukraine-a-20-ans-quels-enseignements-pour-l-avenir/ index.html

[19] NATO - Official text: Déclaration du Sommet de Bucarest publiée par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlan- tique Nord tenue à Bucarest le 3 avril 2008, 03-Apr.-2008 (point 23) : https:// www.nato.int/cps/fr/natolive/official_texts_8443.htm?mode=pressrelease

[20] NATO - News: Reconnaissance de l’Ukraine comme partenaire « nou- velles opportunités » , 12-Jun.-2020 : https://www.nato.int/cps/fr/natohq/ news_176327.htm?selectedLocale=fr

[21] Pourquoi l’Ukraine ne fait toujours pas partie de l’OTAN: à qui est la faute et que faire? | UACRISIS.ORG : https://uacrisis.org/fr/why-ukraine-is-still-not-in-nato

[22] ALEXIYEVETS L., ALEXIYEVETS M. (2020), Ukraine – the NATO : mutual relations and partnerships main stages ; Bulletin histotrique de l’Europe de l’Est, n°14

[23] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_24733.htm

[24] Tracey German, NATO and the enlargement debate: enhancing Euro- Atlantic security or inciting confrontation?, International Affairs, Volume 93, Issue 2, 1 March 2017, Pages 291–308,

[25] https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_67927.htm

[26] SUBA C. (2020), NATO-Ukraine relations: Furthering Cooperation Without Membership ; Henry M. Jackson school of international studies, University of Washington, The Donald C. Hellmann Task Force Program

[27] Tracey German, NATO and the enlargement debate: enhancing Euro- Atlantic security or inciting confrontation?, International Affairs, Volume 93, Issue 2, 1 March 2017, Pages 291–308,

[28] How do European democracies react to Russian aggression? (kremlinwatch. eu)

[29] SOLOVIORA, A. (2020), Le rôle du facteur russe dans l’attitude des pays du Bénélux envers l’Ukraine (2014_2019) ; Institut de l’Histoire de l’Ukraine, Académie nationale des sciences de l’Ukraine

[30] Revue de l’OTAN - L’« affaire Lisa » : l’Allemagne au cœur de la désinfor- mation russe (nato.int)

[31] DE GLINIASTY J. (2020), La politique russe du président Macron. Revue internationale et stratégique, 1(1), 31-39.

[32] Guerre en Ukraine : où en est l’Union européenne ? - Relations extérieures - Toute l’Europe

[33] https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/29/les-etats-unis- annoncent- le-retrait-de-pres-de-12-000-soldats-d-allemagne_6047639_3210. html

[34] LEFEBVRE, M. (2020). L’avenir de la relation transatlantique : une lecture géopolitique. Revue Défense Nationale, 8(8), 13-21.

[35] ADOMEIT, H. (2020). Une politique russe à la française pour l’Europe ? Irréaliste et contradictoire. Politique étrangère, 1(1), 79-92.

[36] EU warms to more integration with Georgia, Moldova and Ukraine – EURACTIV.com

[37] Kremlin urges France and Germany to stop Ukraine conflict crossing ‘dan- gerous line’ – EURACTIV.com

Articles scientifiques :

- ADOMEIT, H. (2020). Une politique russe à la française pour l’Europe ? Irréaliste et contradictoire. Politique étrangère, 1(1), 79-92. https://doi. org/10.3917/pe.201.0079

- ALEXIYEVETS L., ALEXIYEVETS M. (2020), Ukraine – the NATO : mutual re- lations and partnerships main stages ; Bulletin histotrique de l’Europe de l’Est, n°14 - UKRAINE – THE NATO: MUTUAL RELATIONS AND PARTNERSHIPS MAIN STAGES (dspu.edu.ua)

- DE GLINIASTY J. (2020), La politique russe du président Macron. Revue inter- nationale et stratégique, 1(1), 31-39. https://doi.org/10.3917/ris.117.0031

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- LEFORT, P. (2014), La crise ukrainienne ou le malentendu européen. Politique étrangère, 2(2), 109-121 - https://doi.org/10.3917/pe.142.0109

- SILVA P. (s.d.), Evaluating EU Regional Security Actroness : A Case Study of the EU’s Response to the Ukraine Crisis, University of Florida - http://eucenter. scrippscollege.edu/wp- content/uploads/files/2018/03/Paul-Silva.pdf

- SOLOVIORA, A. (2020), Le rôle du facteur russe dans l’attitude des pays du Bénélux envers l’Ukraine (2014_2019) ; Institut de l’Histoire de l’Ukraine, Académie nationale des sciences de l’Ukraine - View of THE ROLE OF THE RUSSIAN FACTOR IN THE ATTITUDE OF BENELUX COUNTRIES TOWARDS UKRAINE (2014-2019) (history.org.ua)

- SUBA C. (2020), NATO-Ukraine relations: Furthering Cooperation Without Membership ; Henry M. Jackson school of international studies, University of Washington, The Donald C. Hellmann Task Force Program - 20_JSIS-495G_ Jones.pdf (washington.edu)

- TRACEY G. (2017), NATO and the enlargement debate: enhancing Euro- Atlantic security or inciting confrontation?, International Affairs, Volume 93, Issue 2, Pages 291–308, https://doi.org/10.1093/ia/iix017

Ouvrage scientifique :

- DELCOURT, B., MARTINELLI M., KLIMIS E. (2008), L’Union européenne et la gestion de crises, Bruxelles, ULB, Institut d’études européennes.

Articles de presse :

- RFI (2021), « L’UE hausse le ton contre la Russie en Ukraine » : L’UE hausse le ton contre la Russie en Ukraine (rfi.fr)

- Le Figaro (2019), « Ukraine : objectif d’adhésion à l’UE at l’Otan dans sa constitution » : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/07/97001- 20190207FILWWW00114-ukraine- objectif-d-adhesion-a-l-ue-et-l-otan-dans- sa-constitution.php

- Le Monde (2020), « Les Etats-Unis annoncent le retrait de près de 12 000 soldats d’Allemagne » : Les Etats-Unis annoncent le retrait de près de 12 000 soldats d’Allemagne (lemonde.fr)

- Euractiv (2021), EU warms to more integration with Georgia, Moldova and Ukraine : EU warms to more integration with Georgia, Moldova and Ukraine – EURACTIV.com

- Euractiv (2021), Kremlin urges France and Germany to stop Ukraine conflict crossing ‘dangerous line’ : Kremlin urges France and Germany to stop Ukraine conflict crossing ‘dangerous line’ – EURACTIV.com

Documents de l’UE :

- Rapport du programme Kremlin Watch du think tank European Values com- mandé par le PPE : How do European democracies react to Russian aggres- sion? (kremlinwatch.eu)

- Délégation de l’UE en Ukraine – déclaration du Haut représentant de l’UE : My visit to Moscow and the future of EU-Russia relations - European External Action Service (europa.eu)

Documents de l’OTAN :

- Relation avec l’Ukraine, 2020 : NATO - Topic: Relations avec l’Ukraine

- Déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord sur la situation en Ukraine, 2014 : NATO - News: Déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord sur la situation en Ukraine, 02-Mar.-2014
- Déclaration des ministres des affaires étrangères des pays de l’OTAN, 2014 : NATO - Déclaration des Ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN - 1er avril 2014, 01- Apr.-2014

- Déclaration de la Commission OTAN-Ukraine, 2014 : NATO - News: Déclaration de la Commission OTAN-Ukraine, 01-Apr.-2014
- Fonds d’affectation spéciale : appuyer les projets de transformation de la dé- fense et de démilitarisation, 2016 : NATO - Topic: Fonds d’affectation spéciale - Le Conseil de l’Atlantique Nord à Odessa pour réaffirmer le soutien de l’OTAN à l’Ukraine, 2019 : NATO - News: Le Conseil de l’Atlantique Nord à Odessa pour réaffirmer le soutien de l’OTAN à l’Ukraine, 30-Oct.-2019

- Déclaration du Sommet de Bucarest, 2009 : NATO - Official text: Déclaration du Sommet de Bucarest publiée par les chefs d’État et de gouvernement par- ticipant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord tenue à Bucarest le 3 avril 2008, 03-Apr.-2008

- Le Plan d’Action pour l’Adhésion (MAP), 2020 : NATO - Topic: Le Plan d’action pour l’adhésion (MAP)

- Le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine a 20 ans : quels enseignements pour l’avenir ?, 2017 : Le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine a 20 ans : quels enseignements pour l’avenir ? (nato.int)

Reconnaissance de l’Ukraine comme partenaire « nouvelle opportunités », 2020 : NATO - News: Reconnaissance de l’Ukraine comme partenaire « nou- velles opportunités » , 12- Jun.-2020

- Etude sur l’élargissement de l’OTAN, 2013 : NATO - Official text: Etude sur l’élargissement de l’OTAN, 03-Sep.-1995

- Le rapport Harmel, 2017 : NATO - Topic: Harmel, Le rapport –
- « L’affaire Lisa » : l’Allemagne au cœur de la désinformation russe : Revue de l’OTAN - L’« affaire Lisa » : l’Allemagne au cœur de la désinformation russe (nato.int)

Sites web :

- Site officiel de la Présidence ukrainienne – interview de
Zelenski par Axios : https://www.president.gov.ua/en/news/ intervyu-prezidenta-ukrayini-programi-axios-sho- vihodit-na-p-66313

- OSCE – rapport de la mission de surveillance en Ukraine : 477121.pdf (osce. org)

- Promote Ukraine – média de promotion de l’Ukraine à Bruxelles : Fifty Ukrainian Soldiers Killed in Donbas in 2020 (promoteukraine.org)

- Ukraine Crisis Media Center – Centre de presse ukrainien : Pourquoi l’Ukraine ne fait toujours pas partie de l’OTAN: à qui est la faute et que faire? | UACRISIS. ORG

- Toute l’Europe – site d’information sur l’UE : Guerre en Ukraine : où en est l’Union européenne ? - Relations extérieures - Toute l’Europe

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Résumé
Lors d’une interview accordée à Axios le 23 janvier 2021, le président ukrainien Volodymyr Zelenski déclare « Pourquoi ne sommes-nous toujours pas dans l’OTAN ? ». Cette question, directement adressée au nouveau président J. Biden, révèle les aspirations euro-atlantiques des autorités ukrainiennes. Ces aspirations reflètent deux des grands enjeux auxquels l’Ukraine est confrontée depuis la révolution de 2014 : d’une part, sa sécurité et son intégrité territoriale et d’autre part, ses axes de politique étrangère.
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