Développement durable 

La durabilité des générations futures dépend d’un progrès concerté au niveau économique et sociétal pour préserver notre écosystème, notre diversité – et par extension, dans la configuration actuelle, nos finances publiques. Le développement durable est une formidable opportunité pour l’ensemble des acteurs de repenser ses valeurs et ses besoins. Pour ce qui est des entreprises, c’est l’occasion de réinventer leur modèle d’affaires en sortant de l’immédiateté du marché, de la mode, des agences de notation, et de créer de nouveaux rapports avec les clients et leurs parties prenantes. Pour les Européens, c’est l’opportunité de donner un sens nouveau à leur contrat politique.

Nous pensons que l’Europe doit devenir le laboratoire du développement durable en ayant pour objectif de devenir le leader mondial de la croissance durable et des énergies renouvelables.

Pour cela, trois propositions peuvent être avancées :

• Avoir un négociateur climatique unique disposant d’un vrai mandat. Si l’on prend l’exemple du sommet de Copenhague en 2009, la multitude d’interlocuteurs européens a contribué à marginaliser l’Europe. Il est donc important pour l’Union européenne de faire valoir ses positions et de préparer le terrain de la négociation auprès des leaders d’opinion étrangers et des opinions publiques des principales puissances à la table des négociations. Les diplomaties européennes et nationales doivent être mobilisées dans ce sens avec un plan de communication et d’influence fort.

• Développer et promouvoir une fiscalité qui favorise le long terme. Pour cela, il est nécessaire de développer des modèles d’affaires, des business model d’entreprises mais aussi des organisations publiques prenant en compte le long terme, associant mieux à leur stratégie leurs différentes parties prenantes et en particulier leurs fournisseurs et leurs clients avec un double souci de sobriété en matière de consommation des ressources naturelles et de partage de la création de valeur.

• Faire du développement durable une priorité politique et industrielle. Dans cette optique, un commissaire en charge du Développement durable, cumulant les portefeuilles climat, environnement, énergie et industrie pourrait être nommé vice-président de la Commission européenne. Il est également nécessaire d’harmoniser les règles environnementales des États membres et en premier lieu de rapprocher leur fiscalité verte. L’Europe pourrait utilement se doter d’une taxe carbone commune pour limiter les distorsions entre États et couvrir les acteurs échappant au système ETS comme les ménages, le monde du transport ou de l’agriculture. En parallèle, dans la mesure où les technologies sont émergentes, un effort important de recherche et de développement public se justifie à l’échelle continentale. Celui-ci pourra être relayé par les entreprises européennes dès que les technologies et les marchés seront plus matures.

Politique énergétique

À la différence de la Chine ou des États-Unis, l’Union européenne est soucieuse des questions de développement durable et de réduction des émissions carbone, consacrées par l’objectif 20/20/20 de la Stratégie Europe 2020 et le vote du Paquet Énergie-Climat à la fin de la présidence française de l’Union européenne en décembre 2008. La nécessité d’augmenter l’efficacité énergétique fait partie intégrante du triple objectif de l’initiative « 20-20-20 » à l’horizon 2020 et de l’initiative phare « Énergie 2020 Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre ».

Toutefois la politique énergétique de l’Union européenne patine. Les pays ont des approches différentes et mènent des projets concurrents, si bien que les pays producteurs profitent des divisions européennes.

Nous suggérons ainsi trois axes de réflexion :

• Mettre en place une coopération renforcée entre la France et l’Allemagne en matière énergétique. Cette coopération ouverte à tous les États membres sera le cœur d’une politique de solidarité entre les États membres concourant à plusieurs objectifs : sécurisation des approvisionnements, efficacité énergétique, interconnexion des réseaux de transport d’électricité…

• Accélérer le mouvement vers les énergies alternatives grâce à des programmes concrets. En effet, face à la raréfaction des ressources existantes et aux besoins croissants en énergie, il est désormais fondamental d’accorder aux énergies renouvelables et à l’énergie solaire une place plus importante dans le mix énergétique européen. À cet égard, un plan solaire européen à l’horizon 2030 pourrait être envisagé dont le financement pourrait être assuré par des subventions européennes pluriannuelles afin de remplacer progressivement les énergies fossiles et le nucléaire.

• Mettre en place des programmes permettant de renforcer l’expertise européenne en matière de sûreté et de gestion des déchets, ou de développer une compétence européenne pour le démantèlement des centrales nucléaires. Ce type de projets pourrait faire de l’Europe le leader de l’industrie du démantèlement nucléaire, au moment où de nombreux pays vont fermer des centrales en raison de leur vieillissement (comme en France) ou par choix politique (comme en Allemagne).